Histoire vs. mythologie

Stèle de Mesha (img Wiki.Comns)
D'aucuns diront que la Bible raconte des mythes, et ne peut être lue comme un livre d'Histoire. C'est tout le contraire.
Lisez l'Iliade et l'Odyssée d'Homère, lisez l'Enéide de Virgile, c'est de la mythologie. Lisez la Guerre du Péloponnèse de Thucydide, et la Guerre des Gaules de Jules César, c'est de l'Histoire.

Qu'est-ce qui fait la différence ? Les historiens sont témoins, contemporains, ou au minimum proches des événements dont ils font le récit. Les auteurs de mythologie sont plutôt assimilables à des poètes ou à des romanciers. Non seulement le style d'écriture n'est pas le même, mais l'objectif du récit n'est pas le même.

Qu'en est-il de la Bible ? Les premiers livres de la Bible rapportent l'histoire du début de l'humanité, et du peuple juif. Les livres qui suivent sont des livres poétiques et des prophéties (qui peuvent d'ailleurs contenir des récits). Le Nouveau Testament contient, entre autres, le récit de la vie de Jésus et des débuts de l'Eglise.

A la lecture, le style est clairement celui du récit historique. Mais surtout, les auteurs sont bien contemporains des événements.

Luc introduit son évangile de la façon suivante :

Luc 1:1-4
Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, suivant ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la parole, il m'a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit d'une manière suivie, excellent Théophile, afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus.
Et Jean (qui ne se nomme pas dans son récit) termine le sien ainsi :
Jean 21:24-25
C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses, et qui les a écrites. Et nous savons que son témoignage est vrai. Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu'on écrirait.

L'Ancien Testament présente le même degré de fiabilité. Blaise Pascal (1623-1662) en faisait la démonstration, déjà, dans ses Pensées...

(624) Car ce n'est pas la longueur des années mais la multitude des générations qui rendent les choses obscures. Car la vérité ne s'altère que par le changement des hommes. Et cependant il [Moïse] met deux choses les plus mémorables qui se soient jamais imaginées, savoir la création et le déluge si proches qu'on y touche.
(625) Sem qui a vu Lamech qui a vu Adam a vu aussi Jacob qui a vu ceux qui ont vu Moïse : donc le déluge et la création sont vrais. Cela conclut entre de certaines gens qui l'entendent bien.
(626) La longueur de la vie des patriarches, au lieu de faire que les histoires des choses passées se perdissent, servait au contraire à les conserver. Car ce qui fait que l'on n'est pas quelquefois assez instruit dans l'histoire de ses ancêtres est que l'on n'a jamais guère vécu avec eux, et qu'ils sont morts souvent devant que l'on eût atteint l'âge de raison. Or, lorsque les nommes vivaient si longtemps, les enfants vivaient longtemps avec leurs pères. Ils les entretenaient longtemps. Or, de quoi les eussent-ils entretenus, sinon de l'histoire de leurs ancêtres, puisque toute l'histoire était réduite à celle-là, qu'ils n'avaient point d'études, ni de sciences, ni d'arts, qui occupent une grande partie des discours de la vie ? Aussi l'on voit qu'en ce temps les peuples avaient un soin particulier de conserver leurs généalogies.
(628) Qu'il y a de différence d'un livre à un autre ! Je ne m'étonne pas de ce que les Grecs ont fait l'Iliade, ni les Égyptiens et les Chinois leurs histoires. Il ne faut que voir comment cela est né. Ces historiens fabuleux ne sont pas contemporains des choses dont ils écrivent. Homère fait un roman, qu'il donne pour tel et qui est reçu pour tel ; car personne ne doutait que Troie et Agamemnon n'avaient non plus été que la pomme d'or. Il ne pensait pas aussi à en faire une histoire, mais seulement un divertissement ; il est le seul qui écrit de son temps, la beauté de l'ouvrage fait durer la chose : tout le monde l'apprend et en parle ; il la faut savoir, chacun la sait par coeur. Quatre cents ans après, les témoins des choses ne sont plus vivants ; personne ne sait plus par sa connaissance si c'est une fable ou une histoire : on l'a seulement appris de ses ancêtres, cela peut passer pour vrai.
Toute histoire qui n'est pas contemporaine est suspecte ; ainsi les livres des sibylles et de Trismégiste, et tant d'autres qui ont eu crédit au monde, sont faux et se trouvent faux à la suite des temps. Il n'en est pas ainsi des auteurs contemporains.
Il y a bien de la différence entre un livre que fait un particulier, et qu'il jette dans le peuple, et un livre que fait lui-même un peuple. On ne peut douter que le livre ne soit aussi ancien que le peuple.
La Bible rapporte des faits extraordinaires, des miracles. On peut y croire, parce que la Bible donne aussi toutes les preuves de son authenticité.

[maj] Pour ceux qui lisent l'anglais, un article intéressant à ce sujet : Archaeologist confirms creation and the Bible.

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