AiG publie une série d'articles intéressants en ce moment (voir par ex.
Logical Fallacies: Ad Hominem - Answers in Genesis), sur le problème de l'utilisation de la logique dans le débat Création/Evolution. Schopenhauer est vraiment une bonne aide de ce côté, pour les uns comme pour les autres. Petit exemple.
Je visionnais hier une petite vidéo montrant comment on pouvait programmer un algorithme génétique donnant une bonne estimation du temps totalement "par hasard". Intitulée,
Evolution is a blind watchmaker, la vidéo décortique le système. Les résultats sont impressionnants. Conclusion : on arrive à un résultat intelligent par hasard, sans avoir de but fixé.
Seul hic : il y a effectivement un but fixé. La "sélection naturelle" choisit les populations les plus performantes selon un certain critère. Ce critère définit le but. Dans la vidéo, il dit explicitement : "On prend 3 mécanismes au hasard et on les ordonne selon leur capacité à compter le temps" (3:24). Conclure que l'évolution se fait "par mutations aléatoires et par sélection naturelle" (7:01) est juste -- mais il ne faut pas se leurrer : si les mutations sont bien aléatoires, la "sélection naturelle" est bel et bien orientée. D'ailleurs l'auteur cherche bien à nous convaincre que ce n'est pas aléatoire (7:12). En effet, si c'était complètement aléatoire, les résultats ne seraient pas répétables.
Alors pourquoi nous dit-on à la fin qu'"aucun but n'est imposé" (9:06) ? Le but est pourtant clair : compter le temps ! Et tout est fait pour y arriver. Il a montré qu'un mécanisme complexe peut être constitué par des transformations aléatoires, en se donnant les bonnes contraintes de sélection.
Tout ce qu'il prouve, c'est que les algos génétiques marchent. Ce n'est pas nouveau. C'est pour ça qu'ils existent.
Et pour clarifier vis-à-vis du commentaire au début de la vidéo : je ne crois pas me tromper en disant que la plupart des créationnistes ne nient pas qu'il y ait évolution, c'est-à-dire adaptation au milieu. Ce qu'on nie, c'est que ces adaptations suffisent à la création de nouvelles espèces, sans aucune intelligence (à ce que je sache les évolutionnistes n'aimeraient pas qu'on appelle la sélection naturelle une intelligence).
Enfin, il y a la question de l'information : est-ce qu'on en gagne ou on en perd au cours du processus ? J'avoue que j'aurais du mal à répondre. De ma connaissance de la théorie de l'information, j'aurais tendance à dire qu'on en perd (un ensemble de bits aléatoires contient plus d'information qu'un ensemble suivant un motif). D'un autre point de vue, on a toujours les mêmes éléments en jeu. Et encore d'un autre point de vue, on y a gagné vu qu'on peut compter le temps (sauf qu'il fallait déjà savoir ça au début puisque c'est le critère de sélection).
Bref, on peut en tout cas dire qu'on a rien gagné.
Mais personne n'y voit rien semble-t-il. Je n'ai pas lu tous les commentaires, évidemment, mais je n'ai vu aucune critique de la procédure utilisée. Je suis étonnée.
Toute la force de conviction de cette vidéo repose sur l'emploi d'affirmations appuyées, la restriction du domaine d'application ("tout ce que je prouve, c'est ... et rien d'autre..."), accompagnés de dénigrements de l'adversaire. Tout est dans la forme. Dans le fond, l'argument est inexistant.
Tout cela n'est pas nouveau... il y a des millénaires que l'homme conteste la création.
2 Pierre 3:5
Ils veulent ignorer, en effet, que des cieux existèrent autrefois par la parole de Dieu, de même qu'une terre tirée de l'eau et formée au moyen de l'eau.
Esaïe 45:5-12
Je suis l'Éternel, et il n'y en a point d'autre,
Hors moi il n'y a point de Dieu ;
Je t'ai ceint, avant que tu me connusses.
C'est afin que l'on sache, du soleil levant au soleil couchant,
Que hors moi il n'y a point de Dieu :
Je suis l'Éternel, et il n'y en a point d'autre.
Je forme la lumière, et je crée les ténèbres,
Je donne la prospérité, et je crée l'adversité ;
Moi, l'Éternel, je fais toutes ces choses.
Que les cieux répandent d'en haut
Et que les nuées laissent couler la justice !
Que la terre s'ouvre, que le salut y fructifie,
Et qu'il en sorte à la fois la délivrance !
Moi, l'Éternel, je crée ces choses.
Malheur à qui conteste avec son créateur!
-Vase parmi des vases de terre !
-L'argile dit-elle à celui qui la façonne : Que fais-tu ?
Et ton oeuvre : Il n'as point de mains ?
Malheur à qui dit à son père :
Pourquoi m'as-tu engendré ?
Et à sa mère : Pourquoi m'as-tu enfanté ?
Ainsi parle l'Éternel, le Saint d'Israël, et son créateur :
Veut-on me questionner sur l'avenir,
Me donner des ordres sur mes enfants et sur l'oeuvre de mes mains ?
C'est moi qui ai fait la terre, Et qui sur elle ai créé l'homme ;
C'est moi, ce sont mes mains qui ont déployé les cieux,
Et c'est moi qui ai disposé toute leur armée.